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Un premier hiver de la seconde guerre mondiale glacial !

Vague de froid et neige de janvier 1940 - Bastia sous la neige - photo Emmanuel Le Roy Ladurie

Le premier hiver de guerre fut d’une rigueur exceptionnelle. Du 10 au 26 janvier 1940, une vague de froid intense balaya la France, touchant particulièrement le nord et l’est, mais n’épargnant aucune région.

 

 

Le premier hiver de guerre fut particulièrement rigoureux

 

Quatre mois après sa déclaration, la Seconde Guerre mondiale débute par un hiver rigoureux. Le 30 décembre 1939, une vague de froid accompagnée d’une tempête de neige frappe soudainement l’Est et le Nord de la France, faisant chuter les températures de -2°C à -20°C en 24 heures à Dijon et Nancy. Malgré la neige, l’ambiance du réveillon de la Saint-Sylvestre est morose, l’Europe étant en guerre et la France de l’Est (encore non occupée) scrutant l’éventuelle arrivée de l’ennemi dans un froid glacial. Pour se protéger d’une offensive allemande (qui aura lieu le 10 mai), les Hollandais brisent la glace des canaux. 

Le froid a d’importantes conséquences sur le front, paralysant toute activité terrestre et aérienne. À la fin du mois de janvier, seuls quelques vols de reconnaissance allemands sont signalés, les appareils ennemis s’aventurant parfois jusqu’au-dessus du Bassin parisien. 

 

Vague de froid de janvier 1940 - Neige près de l'Arc de Triomphe (Paris) - meteo-paris.com

 

 

Le mois le plus froid depuis 102 ans ! 

 

Janvier 1940 est le mois le plus froid depuis 1838. Le thermomètre atteint des températures glaciales : -24°C à Metz, -22°C à Clermont-Ferrand, -21°C à Saint-Quentin, -20°C à Valenciennes, -18°C à Lyon, -17°C à Rennes, -15°C à Paris et -3°C à Antibes.

Pendant dix jours (du 16 au 27 janvier), la neige recouvre presque toute la France, et de nombreux cours d’eau gèlent, notamment l’Isère et le Rhône à Tain-l’Hermitage. 

 

Janvier 1940 - Le Rhône commence également à geler et on peut le traverser en certains endroits - meteo-paris.com

 

 

La Seine charrie des glaçons dans Paris 

 

La Seine charrie des glaçons, mais depuis la fin du XIXe siècle, elle ne gèle plus complètement. Dans son édition du 18 janvier, le journal L’Eclair rapporte que 1200 bateaux-citernes transportant du pétrole roumain vers l’Allemagne sont immobilisés sur le Danube.  Parallèlement, Moscou est plongée dans un froid glacial à -45°C, tandis que l’Estonie enregistre une température de -46°C.  Même Naples est recouverte de neige.

 

Janvier 1940 - La Seine commence à geler sous les ponts de Paris - meteo-paris.com

 

Alors que le temps se radoucit, une violente tempête de glace, caractérisée par des pluies verglaçantes, paralyse plusieurs villes françaises, dont Paris, Le Havre, Rennes, Tours, Bourges, Saint-Étienne, Dijon et Mulhouse.  Une épaisse couche de glace, atteignant plusieurs centimètres, perturbe les communications.  Il s’agit des pluies verglaçantes les plus importantes depuis celles de la fin janvier 1879. Après une accalmie entre la fin janvier et le début février, le froid et la glace reviennent en force à la mi-février, touchant tout le pays, y compris la Côte d’Azur et la Corse, qui connaissent d’importantes chutes de neige le 18 février. 

 

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Auteur : Guillaume Séchet

Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Geneve